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Maison Gacha 24 septembre 2026 4 min

Du 16 juin au 6 juillet 2026, l'artiste franco-sénégalaise Rachel Marsil, lauréate de la résidence artistique 2026 de la Maison Gacha, a été accueillie à Bangoulap, dans l'Ouest du Cameroun. Trois semaines pour approcher le ndop, ses motifs, ses gestes et ses récits, et en faire naître des œuvres nouvelles.

Née à Lille en 1995, diplômée de l'École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris en 2021, Rachel Marsil vit et travaille en région parisienne. Sa pratique circule entre la peinture, le textile et la sculpture. Elle y assemble archives personnelles, fragments narratifs, références et motifs, pour interroger ce qui relie les récits intimes aux imaginaires collectifs : le lien, la présence et l'absence, la mémoire et ce qui se transmet.

Son travail a été présenté à Dakar (Ce que la mer murmure, 2025), à Mexico (Le poisson vient avec la pluie, Casa Wabi, 2025), à Abidjan (Le goût de la mangue, 2024), à Seattle, Londres ou Lagos, ainsi que sur des foires comme Art Basel Miami Beach, Investec Cape Town Art Fair, Art X Lagos et 1-54 Marrakech.

C'est cette attention portée aux héritages et à leur transmission qui a guidé le choix de la Maison Gacha et de la Fondation Jean-Félicien Gacha : une démarche en résonance profonde avec les missions de la Fondation.

[H2] Bangoulap, au plus près du ndop

La résidence avait un sujet précis : « Recherche autour du ndop : mémoire, symbolique et contemporanéité ». Le ndop, textile patrimonial des chefferies des Grassfields, est bien plus qu'une étoffe d'apparat. Ses motifs géométriques, réservés en blanc sur fond d'indigo, composent un véritable langage visuel, porteur de mémoire lignagère, dont certaines clés n'appartiennent qu'aux initiés.

À Bangoulap, Rachel Marsil a pu approcher ce langage sur le lieu même où il fait encore sens. Le programme s'organisait autour de trois axes : comprendre l'environnement culturel du ndop, sa symbolique et son importance historique ; rencontrer des artistes locaux, des artisans et des chercheurs pour saisir comment traditions et pratiques contemporaines coexistent autour de ce textile ; et mesurer les défis que pose la modernisation à la préservation de ce patrimoine.

[H2] Ce qui est né de la résidence

Au fil de ces trois semaines, Rachel a tissé un dialogue sensible avec le patrimoine camerounais, ses gestes, ses symboles et les récits qu'il porte. De cette expérience sont nés trois ensembles : un diptyque, une grande toile et une série de monotypes.

Le choix du monotype n'est peut-être pas anodin. Cette technique d'impression ne produit qu'un seul tirage : une empreinte unique, où l'image naît de ce qui se dépose et de ce qui se retire. Une logique qui fait écho, à sa manière, à celle du ndop, où le motif apparaît par la réserve, dans le dialogue entre ce que la teinture recouvre et ce qu'elle laisse intact. Dans ces œuvres, la mémoire des lieux se mêle à de nouvelles résonances plastiques, sans jamais chercher à reproduire le textile, mais plutôt à en prolonger le souffle.

[H2] Et maintenant ?

Les œuvres réalisées à Bangoulap seront présentées à Paris dans le cadre de l'exposition d'automne de la Maison Gacha. Un nouveau chapitre s'ouvre ainsi, où le ndop continue de circuler, cette fois à travers le regard d'une artiste qui l'a rencontré sur sa terre.

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